Mais ou est donc passée la 7ème Compagnie ?

Sorti en 1973, Mais où est donc passée la septième compagnie ? est une comédie de Robert Lamoureux. Premier volet de la trilogie, le film suit Chaudard, Pithiviers et Tassin, isolés lors de la débâcle de 1940.


Mais où est donc passée la 7ème Compagnie ? Genèse, coulisses et secrets du classique de Robert Lamoureux

Sorti sur les écrans français le 13 décembre 1973, Mais où est donc passée la septième compagnie ? constitue l’acte de naissance d’une franchise incontournable du cinéma populaire hexagonal. Écrit et réalisé par Robert Lamoureux avec la contribution non créditée de Jean-Marie Poiré, ce long-métrage réinvente la comédie troupière en installant son action au cœur de la débâcle de mai-juin 1940.

Face à l’effondrement militaire, le cinéaste choisit le parti pris du burlesque et de la lâcheté bienveillante à travers un trio de soldats ordinaires : le sergent-chef Chaudard (Pierre Mondy), flanqué des deuxièmes classes Pithiviers (Jean Lefebvre) et Tassin (Aldo Maccione). Le film devient un succès populaire surprise avant d’engendrer deux suites : On a retrouvé la septième compagnie (1975) et La Septième Compagnie au clair de lune (1977).

Les autres opus de la trilogie de la 7eme Compagnie de Robert Lamoureux : 

Fiche technique et repères de production

  • Titre original : Mais où est donc passée la septième compagnie ? (initialement déposé sous le titre Mais où est passée la septième compagnie ?)

  • Réalisation : Robert Lamoureux

  • Scénario et dialogues : Robert Lamoureux (collaboration de Jean-Marie Poiré)

  • Musique originale : Henri Bourtayre

  • Production : Alain Poiré (Gaumont) et Euro International Films (coproduction franco-italienne)

  • Budget : environ 3 millions de francs de l’époque

  • Date de sortie en salles : 13 décembre 1973 (France)

  • Genre : comédie, film de guerre, vaudeville militaire

  • Durée : 1 h 35 min (95 minutes)

  • Box-office France : 3 944 014 entrées (3e plus gros succès de l’année 1973)

Synopsis complet : la débâcle vue par des éclaireurs égarés

Juin 1940. Durant la retraite des armées alliées, la 7e compagnie du 106e régiment de transmissions — une unité fictive inventée pour le récit — subit un violent bombardement et se replie à l’abri d’un sous-bois. Afin d’assurer la sécurité du bataillon, le capitaine Dumont (Pierre Tornade) missionne trois éclaireurs en avant-poste d’observation dans un cimetière de village : le sergent-chef Chaudard, Pithiviers et Tassin.

Leur mission consiste à tirer une ligne téléphonique de campagne pour relier leur point d’observation au bois. Mais une branche soulève malencontreusement le câble au passage d’une route : une colonne blindée allemande repère le fil conducteur, remonte la trace jusqu’au bivouac et capture l’intégralité de la compagnie. Seul le trio reste libre, isolé derrière les lignes ennemies.

Refusant de se presser vers le front, Chaudard, Tassin et Pithiviers trouvent refuge dans la forêt. C’est là qu’ils recueillent le lieutenant Duvauchel (Érik Colin), un pilote de chasse abattu dont la combativité tranche avec la nonchalance du groupe.

L’épopée bascule dans l’action improvisée lorsqu’une maladresse de Pithiviers contraint le groupe à neutraliser l’équipage d’une dépanneuse de chars allemande. Désormais aux commandes de cet engin semi-chenillé doté d’un canon automatique, le quatuor roule vers le sud. Pris dans une série de malentendus, ils croisent par hasard la colonne de leurs camarades prisonniers encadrés par la Wehrmacht : en forçant les gardiens ennemis à accélérer le pas devant le blindé, ils permettent à toute la 7e compagnie de disparaître discrètement dans les bois voisins.

Distribution complète et galerie de personnages

La force du récit repose sur une direction d’acteurs qui valorise le contre-emploi militaire :

Acteur Rôle Fonction dramatique

Pierre Mondy

Sergent-chef Paul Chaudard

Petit chef légaliste, soucieux des consignes mais dépassé par ses hommes

Jean Lefebvre

Soldat Pithiviers

Téléphoniste poète, maladroit, adepte des bains de rivière et des glissades

Aldo Maccione

Soldat Tassin

Tireur d’élite niçois grande gueule, hâbleur et séducteur

Robert Lamoureux

Colonel Blanchet

Officier supérieur isolé qui s’efforce de mener sa propre guerre

Pierre Tornade

Capitaine Dumont

Supérieur colérique, premier témoin de la disparition de sa compagnie

Érik Colin

Lieutenant Duvauchel

Pilote méthodique qui tente vainement d’inculquer la rigueur au trio

Alain Doutey

Carlier dit « Le p’tit »

Soldat échappé de la colonne qui tente de rallier Chaudard

Jacques Marin

Marcel Chataigner

L’épicier de village

Robert Dalban

Le fermier

Paysan accueillant les fuyards sur sa charrette

Paul Mercey

Le boulanger

Commerçant pris au piège des réquisitions

Secrets de tournage et coulisses de production

Les tensions entre Robert Lamoureux et Aldo Maccione

Le tournage ne fut pas de tout repos sur le plan relationnel. Robert Lamoureux, metteur en scène rigoureux issu de la scène théâtrale, exigeait une précision absolue au mot près. Ce perfectionnisme s’est heurté aux improvisations et aux facéties d’Aldo Maccione.

L’acteur italien supportait mal les recadrages constants du cinéaste, tout en jalousant l’indulgence accordée à Jean Lefebvre, protégé du réalisateur malgré ses retards répétés. Ces frictions, doublées d’un désaccord financier sur le cachet demandé pour la suite, scelleront le départ d’Aldo Maccione, remplacé dès 1975 par Henri Guybet.

Bricolages militaires et anachronismes matériels

À l’époque du tournage en 1973, les véhicules français et allemands de 1940 étaient presque introuvables en état de marche :

  • La dépanneuse de chars : l’engin n’a rien de germanique ; il s’agit d’un semi-chenillé américain M3 Half-track de surplus, camouflé et surmonté d’un canon antichar PaK 36.

  • Les panzers ennemis : les blindés allemands sont en réalité des chars légers américains M24 Chaffee maquillés avec du contreplaqué.

  • Le combat aérien : les avions pilotés par Duvauchel et ses poursuivants sont des appareils d’entraînement North American T-6 Texan prêtés par les collections Jean Salis de l’aérodrome de La Ferté-Alais.

  • L’anachronisme automobile : au détour d’une route d’exode, on peut apercevoir une Chevrolet Styleline, un modèle américain produit seulement à partir de 1949.

Lieux de tournage : la véritable forêt de Machecoul

Bien que l’intrigue évoque explicitement la forêt de Machecoul en Loire-Atlantique — un souvenir de vacances d’enfance de Robert Lamoureux —, le tournage s’est déroulé en Île-de-France, la ligne de front de juin 1940 n’ayant d’ailleurs jamais fait stationner ces régiments en Loire-Inférieure :

Séquence du film Décor réel Commune / Département
La forêt et le poste de surveillance

Forêt de Fontainebleau

Seine-et-Marne (77)

Le crash aérien et cascades d’avions

Aérodrome de La Ferté-Alais

Essonne (91)

L’épicerie de village

Rues de Bazoches-sur-Guyonne

Yvelines (78)

La bourgade de la dépanneuse

Villiers-le-Mahieu et Cerny

Yvelines (78) et Essonne (91)

La traversée du village

Jouars-Pontchartrain et Rochefort-en-Yvelines

Yvelines (78)

Foire aux questions

Quelle est la réplique culte de la 7ème Compagnie ?

La réplique la plus célèbre du film et de la saga reste celle de l’artificier improvisé : « Le fil rouge sur le bouton rouge, le fil vert sur le bouton vert », suivie immédiatement par le légendaire cri d’alerte de Jean Lefebvre : « J’ai glissé, chef ! ». On retient également le célèbre échange stratégique : « Mais qu’est-ce que vous faites Chaudard ? — Ben, on fait la t’naille ! ».

Quels sont les acteurs encore vivants de la septième compagnie ?

La quasi-totalité de la distribution principale a disparu, notamment Jean Lefebvre (décédé en 2004), Pierre Mondy (2012), Robert Lamoureux (2011), Pierre Tornade (2012) et Érik Colin (2013). Aldo Maccione (l’interprète de Tassin dans ce premier opus) figure parmi les rares vétérans du film encore vivants, tout comme Alain Doutey (Carlier).

Est-ce que la septième compagnie est sur Netflix ?

En France, les films de la trilogie ne sont généralement pas disponibles sur le catalogue Netflix. La saga fait l’objet d’accords de diffusion réguliers sur les chaînes en clair (groupe TF1, notamment TMC) et reste accessible en vidéo à la demande sur des services comme Gaumont Classique, Canal VOD, PremiereMax ou Pathé Home.

Dans quel ordre faut-il regarder les films de la trilogie La Septième Compagnie ?

L’ordre chronologique de l’histoire correspond globalement à l’ordre de sortie en salles, avec une petite subtilité :

  1. Mais où est donc passée la septième compagnie ? (1973)

  2. On a retrouvé la septième compagnie (1975) : ce film est une « midquel », s’insérant entre l’évasion de la débâcle et la scène finale de parachutage de 1944 vue à la fin du premier volet.

  3. La Septième Compagnie au clair de lune (1977) : il relate les mésaventures du trio démobilisé sous l’Occupation en 1942, avant leur passage en Angleterre.